Qui se
souvient d’Albert Poisson (1869 -1894) ? Et pourtant, ce tout jeune compagnon
de Papus à la Belle époque collabora à l’Initiation
sous le nomen de Philophotes, entra
dans l’Ordre martiniste et dans l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, et s’intéressa
à l’alchimie qu’il a lui-même pratiquée au laboratoire. Il rêva aussi d’une
Société hermétique, qui aurait rassemblé les alchimistes pratiquants. Emporté en
pleine jeunesse, le 27 juin 1894, à l’âge de 25 ans, il aura tout de même le
temps de publier quelques livres : Cinq
traités d’alchimie des plus grands philosophes (Chacornac, 1890), Théories et symboles des alchimistes
(Chacornac, 1891; nouv. éd., Editions Traditionnelles, 1981 ; Editions Massanne,
2012), Nicolas Flamel, sa vie, ses
fondations, ses œuvres (Chacornac, 1893 ; nouv. éd., Gutenberg
reprints, 1981). Il faut y ajouter un ouvrage posthume : en 1900, l’ami
Marc Haven rassemblera « treize lettres inédites » d’Albert Poisson
publiées sous le titre : L’initiation
alchimique. Pratique du Grand Œuvre, aux Editions de l’Initiation.
Albert Poisson, alchimiste et martiniste. L’aymant
de Lumière (Editions de la Pierre philosophale, 2013), sous la signature
de Nicodème, offre dans sa globalité une bonne approche du personnage. Ce n’est
pas à proprement parler une biographie d’Albert Poisson, mais plutôt un
descriptif de ses œuvres qu’il contribuera très certainement à mieux faire
connaître. L’auteur, qui ne cache pas son admiration pour « ce passionné
et ce travailleur infatigable », a
ainsi exploré maintes sources imprimées, à commencer par les ouvrages de
Poisson et ses contributions aux revues l’Initiation
ou Le Voile d’Isis, mais aussi des
manuscrits inédits, notamment les lettres publiées par Marc Haven dont on
découvrira en annexe la transcription intégrale.
On
regrettera cependant que les sources des nombreuses citations ne soient pratiquement jamais
indiquées, au point que l’on ne sait pas toujours s’il s’agit de textes publiés
ou de documents inédits. Quant à ces derniers, il eut été utile d’en indiquer l’origine,
qu’il s’agisse d’archives publiques ou privées.
Les
points forts de l’ouvrage sont incontestablement sa riche documentation
iconographique, son exploitation de maintes sources imprimées et manuscrites et,
à ce qu’il semble, du journal de Poisson. La mise en lumière des théories et
des pratiques alchimiques de Poisson devrait également intéresser les amateurs
de l’art d’Hermès.
S. C.





