
Stanislas de Guaita, Gérard Encausse-Papus et Joséphin Péladan sont, à leur façon et en leur temps indissociables. Arnaud de l’Estoile leur consacre trois volumes parfaitement complémentaires, de plus d’une centaine de pages chacun, bien pensés, bien documentés et bien illustrés, de la collection « Qui suis-je ? » des Editions Pardès.
Après les classiques de Maurice Barrès (1898), d’Oswald Wirth (1935) de Barlet (1936) et d’André Billy (1971), et dans l’attente d’une très conséquente biographie que prépare depuis des années un jeune chercheur, le Guaita d’Arnaud de l’Estoile (Pardès, 2005) rendra les meilleurs services à qui voudra aller à la rencontre du mage d’Alteville. Venu à l’occultisme par l’œuvre d’Eliphas Lévi et de Joséphin Péladan, auteur lui-même des fameux Essais de sciences maudites, en quatre volumes dont un posthume, aux origines de l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix (1888), poète, mage surtout, Stanislas de Guaita (1861-1897) puisa dans sa magnifique bibliothèque à la source vive des anciens, dont il a réhabilité pour beaucoup les œuvres et la mémoire. Gentilhomme de l’occulte, selon la formule de Péladan, Guaita se définissait lui-même comme un soldat de l’armée du verbe. Il a laissé à ses contemporains une œuvre profonde, au point d’être considéré, sinon de son vivant, du moins aussitôt après sa mort prématurée, à 36 ans, comme un véritable classique de l’occultisme renaissant.
Guaita est indissociable de Gérard Encausse (1865-1916), dit le mage Papus, qui fut l’un de ses plus intimes compagnons de route. Vulgarisateur de l’occultisme, fondateur de l’Ordre martiniste (1887-1891), mainteneur de rites maçonniques marginaux, continuateur de l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, Papus fut de tous les combats, sur tous les fronts, pour la défense et la propagation d’un occultisme rénové, avant de redécouvrir le Christ, par l’entremise de Nizier Philippe, en qui il avait trouvé son maître spirituel. Son labeur fut sans relâche, jusqu’à l’épuisement, dans la direction de maintes sociétés réputées initiatiques et dans la publication d’une œuvre littéraire immense, au péril d’une vulgarisation hâtive, d’approximations et d’amalgames. Mais qu’importent ! « Nous lui sommes tous redevables : honte à qui s’en dédie » clamait jadis Robert Amadou, en tête de sa préface au très beau livre que le Dr Philippe Encausse, fils de Papus, à consacré à Papus, le « Balzac de l’occultisme » (Berfond, 1979). Arnaud de l’Estoile ne l’oublie pas, pour qui Papus est un véritable symbole. Après Guaita, l’auteur nous offre un portrait de Papus (Pardès, 2006) tout aussi bien documenté et aussi fidèle qu’attachant.
Sur le sentier de l’initiation, Joséphin Pélédan (1858-1918) avait précédé Papus et Guaita, dont il fut le compagnon et l’ami, en dépit de crises passagères, et Guaita lui-même a parfaitement reconnu sa dette envers son aîné. Initié lui-même par son frère Adrien, Péladan chercha en vain à concilier l’occultisme et le catholicisme, le Temple et la quête du Graal, sous les auspices d’un Ordre de la Rose-Croix catholique (1891) qui s’illustrera surtout par ses fameux salons parisiens (1892-1897). On a souvent dressé de lui l’esquisse commode du mage un peu fou, qui alliait l’art de l’exubérance à celui d’une esthétique surannée. L’auteur du Vice suprême est insupportable, certes ! Mais Arnaud de l’Estoile ne tombe pas dans le piège de la caricature dans laquelle le sâr Mérodak s’est enfermé lui-même. Son Péladan (Pardès, 2007) rend justice à la vie toute de noblesse, aux idées et à un homme trop vite oublié, qui a compté à plus d’un titre dans le mouvement occultiste de la Belle époque. Que dire de plus, sinon que cette troisième biographie est de la même qualité que les précédentes ?
Après les classiques de Maurice Barrès (1898), d’Oswald Wirth (1935) de Barlet (1936) et d’André Billy (1971), et dans l’attente d’une très conséquente biographie que prépare depuis des années un jeune chercheur, le Guaita d’Arnaud de l’Estoile (Pardès, 2005) rendra les meilleurs services à qui voudra aller à la rencontre du mage d’Alteville. Venu à l’occultisme par l’œuvre d’Eliphas Lévi et de Joséphin Péladan, auteur lui-même des fameux Essais de sciences maudites, en quatre volumes dont un posthume, aux origines de l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix (1888), poète, mage surtout, Stanislas de Guaita (1861-1897) puisa dans sa magnifique bibliothèque à la source vive des anciens, dont il a réhabilité pour beaucoup les œuvres et la mémoire. Gentilhomme de l’occulte, selon la formule de Péladan, Guaita se définissait lui-même comme un soldat de l’armée du verbe. Il a laissé à ses contemporains une œuvre profonde, au point d’être considéré, sinon de son vivant, du moins aussitôt après sa mort prématurée, à 36 ans, comme un véritable classique de l’occultisme renaissant.
Guaita est indissociable de Gérard Encausse (1865-1916), dit le mage Papus, qui fut l’un de ses plus intimes compagnons de route. Vulgarisateur de l’occultisme, fondateur de l’Ordre martiniste (1887-1891), mainteneur de rites maçonniques marginaux, continuateur de l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, Papus fut de tous les combats, sur tous les fronts, pour la défense et la propagation d’un occultisme rénové, avant de redécouvrir le Christ, par l’entremise de Nizier Philippe, en qui il avait trouvé son maître spirituel. Son labeur fut sans relâche, jusqu’à l’épuisement, dans la direction de maintes sociétés réputées initiatiques et dans la publication d’une œuvre littéraire immense, au péril d’une vulgarisation hâtive, d’approximations et d’amalgames. Mais qu’importent ! « Nous lui sommes tous redevables : honte à qui s’en dédie » clamait jadis Robert Amadou, en tête de sa préface au très beau livre que le Dr Philippe Encausse, fils de Papus, à consacré à Papus, le « Balzac de l’occultisme » (Berfond, 1979). Arnaud de l’Estoile ne l’oublie pas, pour qui Papus est un véritable symbole. Après Guaita, l’auteur nous offre un portrait de Papus (Pardès, 2006) tout aussi bien documenté et aussi fidèle qu’attachant.
Sur le sentier de l’initiation, Joséphin Pélédan (1858-1918) avait précédé Papus et Guaita, dont il fut le compagnon et l’ami, en dépit de crises passagères, et Guaita lui-même a parfaitement reconnu sa dette envers son aîné. Initié lui-même par son frère Adrien, Péladan chercha en vain à concilier l’occultisme et le catholicisme, le Temple et la quête du Graal, sous les auspices d’un Ordre de la Rose-Croix catholique (1891) qui s’illustrera surtout par ses fameux salons parisiens (1892-1897). On a souvent dressé de lui l’esquisse commode du mage un peu fou, qui alliait l’art de l’exubérance à celui d’une esthétique surannée. L’auteur du Vice suprême est insupportable, certes ! Mais Arnaud de l’Estoile ne tombe pas dans le piège de la caricature dans laquelle le sâr Mérodak s’est enfermé lui-même. Son Péladan (Pardès, 2007) rend justice à la vie toute de noblesse, aux idées et à un homme trop vite oublié, qui a compté à plus d’un titre dans le mouvement occultiste de la Belle époque. Que dire de plus, sinon que cette troisième biographie est de la même qualité que les précédentes ?
Serge Caillet

