mercredi 3 septembre 2008

Eliphas Lévi


Après trois titres, respectivement consacrés à Papus, Guaita et Péladan, Arnaud de l’Estoile nous propose aujourd’hui un nouveau «Qui suis-je ?» des Editions Pardès, consacré à Eliphas Lévi.

Les volumes précédents (cf http://sergecaillet.blogspot.com/2007_08_01_archive.html), aussi bien documentés qu’illustrés, présentaient de beaux portraits des trois occultistes de la Belle Epoque. Ce quatrième volume, bien documenté et fort bien illustré lui aussi, tout à fait complémentaire des précédents, nous offre aujourd’hui un portrait attachant d’Eliphas Lévi (1810-1875), en qui Papus et Guaita ont reconnu un maître.

L’auteur ne néglige aucun des épisodes de la vie d’Alphonse-Louis Constant, qui adopta pour hiéronyme la forme hébraïque de ses deux prénoms : sa vocation sacerdotale contrariée, ses amours ratées, son engagement politique qui lui vaudra quelques démêlés judiciaires, son œuvre de mage enfin, qui lui vaudra la notoriété.

L’influence de Lévi sur les occultistes français de la Belle Epoque, Papus et Guaita en tête, a été considérable, mais elle compte aussi en Grande-Bretagne (chez Bulwer-Lytton, ou chez Arthur Edward Waite, par exemple, qui le traduisit en anglais) où il s’était rendu en 1854. En France, Lévi eut aussi des disciples directs, parmi lesquels Jacques Charot, dont Jean Bricaud recevra à son tour les leçons à Lyon, ou le Dr Fernand Rozier, dont j’ai eu plaisir à tirer de l’oubli le Cours de haute magie (Le Mercure dauphinois, 2001). Mais l'influence de Lévi sur les milieux littéraires (Baudelaire, Hugo, Rimbaud, Villiers de l’Isle Adam, Mallarmé) ne doit pas non plus être négligée et Arnaud de l’Estoile a raison de s’y arrêter.

L’œuvre de Lévi lui-même a marqué son temps et, parmi d’autres titres, son Dogme et rituel de haute magie reste un grand classique de l’occultisme.

Si la biographie de Paul Chacornac, Eliphas Lévi, rénovateur de l'occultisme en France (1926, nouv. éd., Editions traditionnelles, 1989) reste aujourd’hui encore incontournable, et Arnaud de l’Estoile lui reconnait sa dette, cet excellent « Qui suis-je ? » permettra à d’autres lecteurs de faire connaissance avec un Eliphas Lévi plus attachant que jamais.


Serge Caillet

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