Ce blog est consacré à l'actualité de l'histoire de l'occultisme : hommes, sociétés, doctrines, des origines à nos jours, par un historien qui n'entend pas dissocier la connaissance de l'amour des êtres et des choses.
mercredi 27 janvier 2010
Une biographie de Roger Caro
mercredi 20 janvier 2010
Un site Internet Jacques Breyer
Jacques Breyer (1922-1996) reste un vrai méconnu, et son œuvre l’est plus encore. Souvent difficiles, parfois très denses, d’une plume et d’un verbe usant à l’envie d’une symbolique qui peut dérouter, les écrits et les paroles de Breyer peuvent être profitables, je puis en témoigner, à ceux qui feront l’effort de s’y attarder. Mais cette œuvre est incomparable – pourquoi chercher à la comparer ? – qui témoigne du parcours et des découvertes d’un homme libre
De l’homme, j’ai rappelé ici-même les grandes lignes d’une vie sans reproche, dans un article auquel je renvois le lecteur curieux.
Un site Internet officiel www.jacquesbreyer.com dont je puis assurer qu’il a été conçu et qu’il sera animé par des intimes de Jacques Breyer, par conséquent autorisés et compétents, lui rend désormais sur
Souhaitons que ce site officiel Jacques Breyer s’enrichisse à l’avenir de nouveaux documents iconographiques et peut-être d’archives. La bibliographie elle-même demanderait à être complétée des articles de Breyer, par exemple dans La Voix solaire.
Rappelons aussi que les Editions Ergonia, que Jacques Breyer porta sur les fonts baptismaux, diffusent toujours certains de ses livres et proposent sous forme de CD ou de DVD plus d'une cinquantaine de ses conférences enregistrées de 1972 à 1994.
Serge Caillet
mercredi 13 janvier 2010
Lucifer démasqué
Après avoir fondé l’Eglise gnostique (d’où proviennent toutes les Eglises gnostiques du XXe siècle), Jules Doinel (1842-1902) s’engagea dans l’anti-maçonnisme et l’anti-occultisme, et son livre, Lucifer démasqué, paru sous le pseudonyme de Jean Kostka en 1895, aujourd’hui réédité (Dualpha, 2009), marque l’apogée de sa croisade personnelle, avant un retour à l’occultisme et à la gnose.
Depuis son enfance, Jules Doinel avait reçu des visions. Il manqua de peu d’embrasser le sacerdoce, après des études chez les Jésuites où les visions n’avaient pas cessé. Il occupa le poste d’archiviste-paléographe, à Aurillac, Niort, Orléans et Carcassonne. En 1885, il reçut la lumière maçonnique au Grand Orient de France, puis entra dans l’Ordre martiniste de Papus (qui l’enrôla dans les collaborateurs de l’Initiation), fréquenta les théosophes et fonda l’Eglise gnostique, première du nom, en 1890, à la suite d’une expérience spirite, qui n’en était peut-être pas moins spirituelle. Doinel en devint ainsi le premier patriarche.
Puis, Doinel changea de camp, retourna au catholicisme romain et participa activement à la croisade contre ses anciens amis, ses frères et sœurs, maçons, martinistes, théosophes et gnostiques, notamment en publiant Lucifer démasqué. Rien ici de comparable aux mystifications de Léo Taxil, confessées par l’intéressé lui-même en 1897. Car la documentation de Lucifer démasqué est de première main – et pour cause ! – s’agissant de l’Ordre martiniste ou des Chevaliers bienfaisants de
Reste la question de fond posée par la lutte anti-maçonnique et anti-occultiste de la fin du XIXe siècle, dont Lucifer démasqué illustre un épisode. Mais la question est résolue. Le faux Lucifer, qui est Satan, n’a pas plus d’influence dans les sociétés réputées initiatiques, à commencer par la franc-maçonnerie, l’Ordre martiniste et l’Eglise gnostique condamnées par Kostka-Doinel, que dans toute entreprise humaine. Ces sociétés ne sont donc pas plus sataniques que d’autres sociétés humaines, et elles le sont même d’autant moins qu’elles œuvrent, tels l’Ordre des chevaliers bienfaisants de
Rappelons que quelques exemplaires de la première réédition de Lucifer démasqué restent disponibles, aux Editions Slatkine (1983), avec une monumentale introduction de Robert Amadou. Quiconque s’intéresse à Doinel gagnera à rechercher aussi les articles que lui a consacré Robert Amadou dans la revue l’Autre Monde, de mai 1982 à janvier 1983.