vendredi 1 juillet 2011

Paracelse, une lumière pour notre temps



Témoin de la Tradition, noble voyageur, prince de la médecine, philosophe hermétique et astrologue, condamné par l’Eglise et la Faculté, Theophrastus Bombast von Hohenheim, dit Paracelse (1493-1541), peut encore aujourd’hui contribuer à instruire et à éclairer les âmes libres. C’est ce que démontre Charles Le Brun dans Une lumière pour notre temps : Paracelse (Arma Artis, 2011).
Médecin errant et maudit, Paracelse s’est opposé violemment aux médecins de son temps. Il distingue cinq entités à l’origine des maladies : l’entité astrale, en rapport avec les planètes, l’entité vénéneuse, qui agit par les « poisons », l’entité naturelle, correspondant aux forces de la Nature, l’entité spirituelle, qui est celle des esprits de tous ordres, et, enfin l’entité divine. Chacune de ces entités peut se combattre par les semblables ou les contraires, en observant les astres, parce que le ciel intérieur du malade reflète le ciel extérieur (ou l’inverse), en préparant des remèdes idoines selon l’art d’Hermès (plantes et minéraux, eux-mêmes en rapport avec les astres), sans négliger les esprits à concilier ou combattre selon leur camp, la foi du malade, la vertu du médecin et le rapport affectif qui s’établit entre eux, avec l’aide de Dieu. La médecine de Paracelse n’est rien moins que traditionnelle, ce pourquoi elle est aussi intemporelle.
Charles Le Brun, qui a déjà traduit, en collaboration avec Horst Hombourg, l’Herbarius (Dervy-Livres, 1987) et Quatre traités de Paracelse (Dervy, 1990), et, avec Ruth Klemm, les Archidoxes de Théophraste (Dervy, 2006), marche dans les pas d’Armel Guerne et il ne cache pas son admiration pour René Guénon dont il partage la critique du monde moderne :
« Paracelse fut et reste un homme inclassable. Sa doctrine n’est pas de celle qu’on étudie, au sens ordinaire de ce terme du moins. Les propos qu’elle expose participent de la science cosmologique et ne sauraient entrer dans les catégories restrictives du savoir profane. Cette science qui englobe tout ce qui se rapporte à la relation existant entre le macrocosme et le microcosme, - l’univers et l’homme - s’avère être en parfaite harmonie avec les principes métaphysiques auxquels elle renvoie et qu’elle ne saurait contredire. L’univers est un et la loi des correspondances s’applique à tous les modes de l’être. Sans exceptions. »
Que dire de plus, sinon de déclarer, avec Charles Le Brun, l’urgence d’une réhabilitation de la science efficace des correspondances universelles, où Paracelse excella en son temps et demeure, par conséquent, une lumière pour le nôtre ?

S. C.

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