Une fois n’est pas coutume, saluons
une série de… B.D. : « Les portes de Shamballah », dont trois
albums ont été publiés à ce jour aux Editions Clair de Lune
: L’Aube dorée (2007), l’Ordo templi orientis (2008), Les Illuminiati (2010), sous la triple signature
d’Axel Mazuer, auteur d'un mémoire de maîtrise sur les phénomènes
paranormaux, de Cyril Romano, féru de culture tibétaine et des arts d’Asie, et
de Pierre Taranzano, qui associe son intérêt pour le paranormal à celui de la
SF.
Sans avoir la moindre compétence
pour juger du graphisme ou du scenario, je puis attester que ces trois albums
témoignent d’une vraie recherche documentaire, bien plus grande que pourrait le
laisser penser les intrigues imaginaires, autour des « supérieurs inconnus »
et de l’Agartha.
Londres, Le Caire, la Chine sont
ainsi le théâtre des aventures de Malcolm Mackenzie, un espion du MI 5 féru d’occultisme
qui agit sous couverture. Si Mackenzie est un personnage imaginaire (à demi
imaginaire, en réalité, car il y a bien eu un Mackenzie dans les cercles d’occultisme
de l’époque victorienne), les personnages historiques qu’il côtoie dans les
trois albums y sont mis en scène avec un grand sens du réalisme, jusque
dans les costumes et les paysages. Même les idéogrammes chinois ont un sens, m’assure-t-on.
Au fil des intrigues, surgissent ainsi : Liddell Mathers, William Butler Yeats,
Aleister Crowley (mon préféré, pour le coup !), Maud Gonne, Florence Farr,
au sein de la Golden Dawn de Mathers, puis de l’OTO de Crowley.
Des expériences magiques ou
psychiques sont empruntées au Traité
méthodique de magie pratique de Papus et surtout à l’essai autobiographique
de Yeats, Le Frémissement du voile (1922,
Le Mercure de France, 1970, pour la traduction française). Et les auteurs ne
cachent pas leur admiration pour Le Matin
des magiciens de Pauwels et Bergier et les thèmes de l’œuvre de Serge Hutin
ou de Jimmy Guieu.
Ces trois albums, qui devraient enchanter les amateurs de l'histoire des sociétés secrètes, appellent assurément
une suite aux aventures de Malcolm Mackenzie, qui semble bien ne pas
en avoir fini avec les « supérieurs inconnus » !
S. C.

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