mardi 13 décembre 2011

Louis Cattiaux et René Guénon


On ne présente pas René Guénon, mais qui connait Louis Cattiaux (1904-1953) ? Leur correspondance, échangée entre 1947 et 1950, aujourd'hui publiée sous le titre Paris Le Caire (Editions du Miroir d’Isis, 2011), aidera à entrer dans l’intimité des deux hommes. L’âge aidant (il mourra en 1951), Guénon s’y montre souvent plus humain et moins distant qu’avec d’autres correspondants et il n’en est que plus touchant. Cattiaux, quant à lui, s’y livre sans crainte, dans l’espoir d’une introduction du maître du Caire à son Message retrouvé, dont celui-ci avait publié dans les Etudes Traditionnelles un compte rendu exceptionnellement bienveillant.
         L’étrange livre inspiré de Cattiaux, maintes fois refusé par des éditeurs, partiellement publié à compte d’auteur, en 1946, ne paraîtra qu’en 1956, chez Denoël, trois ans après la mort de l’auteur. Il est aujourd’hui disponible au format de poche et dans les œuvres complètes de Louis Cattiaux, publiées sous le titre Art et hermétisme, aux Editions Beya.
Cette correspondance avec Guénon témoigne des difficultés rencontrées par Cattiaux, de sa vie toute simple (qui, de Paris, le rapproche de Guénon au Caire), de son œuvre picturale et de sa quête alchimique. Les deux hommes se rejoignent dans la condamnation de la modernité, des philosophes « par la Sorbonne » ou de l’état du monde. Mais Cattiaux est avant tout un philosophe « par le feu », un des grands alchimistes du XXe siècle chez qui l’initiation se réalise à travers l’intuition poétique et l’art hermétique, dans sa forme picturale (voyez sa Physique et Métaphysique de la peinture) et dans l’œuvre alchimique. Entre le poète de Paris à la recherche de l'Absolu et l’intellectuel du Caire, la distance géographique se double parfois d’une distance philosophique.
         En 1977, des disciples et des amis belges de Cattiaux entourant Emmanuel d’Hooghvorst ont fondé la revue Le Fil d’Ariane. Ecriture et Tradition où me fit entrer jadis mon ami Jean-Marie d’Ansembourg, qui en a longtemps été le maître d’œuvre. Depuis 2002, l’esprit du Fil d’Ariane se retrouve dans l’excellente revue Le Miroir d’Isisécrite « par des lecteurs libres et orientés » s’adressant à « des lecteurs orientés et libres », qui maintient tout ensemble l’héritage de Cattiaux et celui d’Emmanuel d’Hooghvorst, qui a rejoint Cattiaux en 1999.
         Louis Cattiaux le méconnu est assurément à connaître. Cette correspondance devrait y contribuer excellemment.


S. C.

mercredi 7 décembre 2011

Historia occultae n° 4


Le quatrème numéro d’Historia occultae, revue annuelle des sciences ésotériques, vient de paraître. Ce gros volume de 230 pages propose notamment une étude très intéressante de Béatrice Descamps sur le romancier « Gustav Meyrink et l’Occultisme », suivie du «Thème succinct de Gustav Meyrink par les degrés Monomères», sous la signature de Deneb Adige. Dominique Dubois nous présente les « Mainteneurs du Parler d’Oc dans les annales de l’occultisme et de l’ésotérisme au 19ème et 20ème siècle ». Rémi Boyer nous invite à la rencontre de la « Femme, Muse, Initiatrice. Introduction à une métaphysique du sexe ». Denis Andro apporte du neuf sur l’histoire du mouvement théosophique français, en analysant « Les lettres de Louis Dramard à Camille Lemaître. Un aspect de l’histoire théosophique en France ». 

 Espérons que l'article très attendu de Walter Grosse sur "Fulcanelli et la Société des Gens de Lettres", absent de ce numéro où il avait été annoncé, paraisse un jour prochain. Nul doute qu'il devrait apporter son lot de découvertes, comme l'auteur nous y a habitués.

En revanche, j’avoue ne pas suivre le fil de l’article de Brice Michel « De la Lumière ambelinienne, en vue de la défense d’un homme et d’un groupe », qui répond à un article du précédent numéro. L’auteur prend la défense de Robert Ambelain et c’est tant mieux. Mais en quoi le défend-il ?

Enfin, « la page des dédicaces et des ex-libris » nous ouvre charitablement de belles bibliothèques. Serait-ce pour la première et la dernière fois ? Car Dominique Dubois vient de quitter la direction de la revue qu’il a fondée, qui lui doit tout et dont il aura servi la cause avec un désintéressement et un dévouement exemplaires depuis quatre ans. Merci l’ami et à bientôt sans doute pour d'autres publications.

S. C.